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Pourquoi avons-nous besoin d’imaginaire ?

velnidisanastasia
il y a 15 heures
3 min de lecture

Dans un monde souvent très rationnel, rapide et exigeant, quelle place reste-t-il pour les rêves, les mondes invisibles et les choses que l’on ne peut pas expliquer ?


Esquisse de la couverture du deuxième tome        "Les forêts se confient"
Esquisse de la couverture du deuxième tome "Les forêts se confient"

 

C’est une question que je me pose depuis longtemps, et particulièrement depuis que j’ai le sentiment que le monde a perdu de sa saveur, comme si il lui manquait une dimension. Je trouve qu’il y a de moins en moins de couleurs, de formes originales et de singularité dans presque tous les domaines. Cette impression s’est accentuée au cours de la dernière décennie. Je ne comprends pas pourquoi nous avons autant perdu le goût pour la beauté.

 

Où que l’on soit dans le monde, on retrouve les mêmes meubles, les mêmes vêtements, les mêmes chaînes de restauration rapide. C’est incroyable de constater à quel point tout semble se ressembler, comme si la créativité, la singularité et le goût de l’unique avaient progressivement disparu.

 

Quand je regarde le monde, je ressens un manque de couleurs, de personnalité, d’originalité. Où sont passés les artistes, les personnalités hautes en couleur, les tissus à fleurs, les meubles colorés ?

 

Tout semble aujourd’hui tellement axé sur la finance et le rendement que nous avons fini par tout standardiser…

 

L’architecture et nos lieux de vie n’échappent pas à cette tendance. La plupart d'entre nous vivons dans des bâtiments avant tout fonctionnels, dépourvus de formes singulières, de couleurs et de caractère. Pourtant, il suffit de se promener dans certaines villes comme Paris, Londres ou Prague pour constater à quel point l’architecture peut être riche et audacieuse.

 

Les bâtiments peuvent avoir une personnalité, raconter une époque, refléter un climat ou témoigner d’un savoir-faire.

 

J’ai parfois l’impression que les artistes qui cherchent à créer des œuvres singulières restent dans l’ombre, parce que leur travail ne répond pas toujours aux exigences de rentabilité. Ils n’ont pas nécessairement accès aux mêmes moyens de diffusion et de visibilité. Tout semble favoriser ce qui est susceptible de plaire au plus grand nombre, ce qui est déjà connu, ce qui rassure et ce qui peut être reproduit à grande échelle.

 

Notre environnement finit alors par moins stimuler notre créativité et notre imaginaire.

 

Imaginez une rue où chaque façade aurait son propre caractère, où les portes auraient des formes uniques, où les ferronneries, les mosaïques et les ornements raconteraient chacun une histoire.

 

C’est ce que j’aime dans l’Art nouveau. J’ai grandi à Bruxelles, où ce mouvement est encore présent dans certaines rues. Ces architectures m’ont donné envie de devenir architecte. Pourtant, j’ai rapidement compris, au cours de mes études et de mon parcours professionnel, qu’il devenait de plus en plus difficile de préserver le travail minutieux des artisans et le temps nécessaire à la création. Il faut du temps, du savoir-faire et des moyens pour créer des choses uniques. Or, aujourd’hui, le temps et l’argent sont souvent consacrés à ce qui est rentable, plutôt qu’à ce qui demande du temps et un véritable savoir-faire.

 

À quel moment avons-nous commencé à considérer que ce qui est utile suffit ?

 

Et si l’imaginaire nous aidait à voir le monde autrement ?


Dessin final pour la couverture du premier conte végétal "La voix de la forêt"
Dessin final pour la couverture du premier conte végétal "La voix de la forêt"

 

Je pense que l’imaginaire est essentiel à la création d’un monde plus vivant. Il nous ouvre à de nouvelles possibilités et nous permet d’enrichir notre environnement, mais aussi notre expérience sur Terre. Il nous aide à sortir d’une vision trop linéaire des choses, à dépasser ce qui existe déjà et à entrevoir d’autres façons d’habiter le monde.

Ce qui me manque aujourd’hui, c’est un monde qui ait davantage de personnalité, qui nous surprenne, éveille notre curiosité et nous enrichisse intérieurement. Un monde qui ne se contente pas de répondre à nos besoins, mais qui nourrisse aussi notre sensibilité et notre capacité à nous émerveiller.

 

Pour ma part, c’est aujourd’hui dans la nature, et particulièrement auprès des arbres, que je retrouve une partie de ce qui me manque. Leur singularité, leurs formes, leurs couleurs et leur incroyable diversité me rappellent que le monde est bien plus riche que ce que nous en faisons parfois.

Peut-être est-ce aussi pour cela que j’ai besoin d’imaginaire, pour continuer à percevoir cette richesse, à explorer d’autres possibles et à croire qu’il reste encore tant de choses à inventer.

 

Et vous, qu’est-ce qui nourrit votre imaginaire et vous donne le sentiment que le monde est encore plein de merveilles ?


Anastasia


 

 
 
 

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